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MUSIQUES CRÉATIVES ET VIVANTES, PAR DES MUSICIENS CRÉATIFS ET VIVANTS

Auteur/autrice : Ensemble Nautilis

BRAIN PROJECT

The Nautilis ensemble is engaged in a research process around the relationship between musical improvisation and the musician’s brain. Researcher Nicolas Farrugia, lecturer at the ITM Atlantic and researcher in neurosciences, specialist in research on the relationship between music and the brain, active within the CNRS Labsticc laboratory, leads scientific research, with a desire for exchange and pluridisciplinarity : exchange with artists, pluridisciplinarity with other sciences, especially social sciences.

Alexandre Pierrepont, Anthropologist and long-time companion of Nautilis, takes a complementary look.

From 2019 to 2021, experiments will be conducted to better understand the neural functioning of the musician’s brain when he improvises. Electroencephalography (EEG) data will be collected on the musicians’ skulls. The analysis of these data will aim to link them with subjective states of improvisation (such as concentration, stress, creativity).

As an abyss and at a distance from this research, the Ensemble Nautilis takes hold of the scientific approach that observes the musician and integrates him into a creative process. Thus, the Ensemble Nautilis will use the data produced during these experiments to develop a device capable of translating this information into images and sounds to develop two different creations, as well as a scientific research space, where musical practice and scientific observation build a unique idiom live, in a new dialogue.

In this perspective, three groups will be invited: the duo Boreal Bee, the trio Carol and the Nautilis octuor.

First, Nicolas Farrugia and the duo Boreal Bee will try to design a device that will link EEG and music, thus allowing a new live interaction between musician, acoustic and electronic instruments.

The Carol and Nicolas Farrugia trio will set up study times dedicated to scientific measurements and analyses of the EEGs of improvising musicians.

And finally, Nautilis’ otect will focus on creating a musical and visual show where EEGs placed on the musicians’ skulls will still have their place to produce sounds and lights.
Thus, the research results of the first two components will be used to achieve a complete and successful art form that will seek to build a new bridge between science and music.

To use brain activity in a new way to create music, to push back knowledge and to use these new technologies to create, to use the machine to access the spontaneous, the instinctive, and above all to dream with the audience a music that will be a journey into this almost unknown zone that is the grey matter, a little like in a novel that Jules Vernes would have written if he had known the 21st century.

Brain Songs, english

Festival l’écho des Nautiles

FESTIVAL
L’ÉCHO DES NAUTILES

SAMEDI 8 JUIN – De 17H00 à 22H30
Mac Orlan / Brest

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Avec

André Minvielle

Apocope

La fanfare Mange ta soupe

L’Ensemble Nautilis

La Chorale du collège des Quatre Moulins

Claque ton Slam !

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Découvrez tout le programme ici :

 

Engagé depuis 2016 jusqu’en 2019 dans un jumelage avec le collège des Quatre Moulins, l’Ensemble Nautilis travaille avec plusieurs classes a n de proposer diverses approches des musiques dites créatives aux collégiens. Tous les élèves des Quatre Moulins pourront ainsi découvrir les origines du jazz, du free jazz, des musiques expérimentales et autres esthétiques similaires au-travers d’une multitude de prismes ludiques.

Ainsi, depuis le début du jumelage, l’Ensemble Nautilis a produit pas moins d’une dizaine de concerts à l’adresse des collégiens, mais a également organisé des ateliers d’écoute et de pratiques artistiques, des rencontres avec des musiciens de l’ensemble autant que des artistes de renommée internationale, organisé des ateliers de production d’évènements, de programmation artistique, de communication spécialisée…

 

Après trois ans de découverte de ces musiques, l’Ensemble Nautilis pro- pose de clôturer le jumelage par un festival organisé par et pour les collégiens : l’Écho des Nautiles.

Le samedi 8 juin, le collège des Quatre Moulins et l’Ensemble Nautilis s’empareront du Mac Orlan, superbe salle de spectacles du quartier de Recouvrance, pour une journée-soirée de spectacles et de concerts exceptionnels.

La programmation comprendra bien sûr des propositions émanant du collège, telles que la chorale et l’orchestre des Quatre Moulins. Mais a n que le festival réponde aux ambitions autant des collégiens, de l’ensemble qu’à celle du public, il nous paraît absolument nécessaire de ne pas s’en tenir à une programmation locale, mais de l’étendre à échelle nationale en faisant certes intervenir des musiciens de l’Ensemble Nautilis mais aussi des musiciens professionnels extérieurs tels qu’André Minvielle, Vincent Courtois, Etienne Cabaret ou encore le rappeur Mike Ladd, artistes de renommée nationale.

 

No Silenz

Susanna Hood : chant et danse (Québec)
Jason Sharp : saxophone basse (Québec)
Fredéric B Briet : contrebasse (France)
Christophe Rocher : clarinette basse (France)

No Silenz :

trois instruments graves, une voix,
des grooves
et plus loin,
un partage spirituel
L’essence de ce quatuor réside dans le désir de faire vibrer le potentiel des basses au-delà de tout idiome : la basse en tant que groove, la basse en tant que matière sonore en constante évolution, la basse en tant que mélodies contrapuntiques entrelacées, la basse et la basse en tant que moteur percussif. Parfois soliste, parfois à l’intérieur du son,  une voix se déplace avec fluidité le long du continuum entre langage et texture, met en valeur les sons profonds avec des accents de lumière.
A l’image de l’histoire personnelle des joueurs, la musique est le reflet d’un large éventail de cultures. Il s’inspire de la musique minimaliste, du rock alternatif, de la pop, des rythmes afro-américains, du jazz, du free jazz, de la chanson française, de la culture d’improvisation américaine et européenne.
L’improvisation en est le moteur et les compositions écrites (mélodies et chants) deviennent des points de rassemblement, des îles, nourrissantes et nourries par un flux en constante révolution.
No Silenz est le fruit d’une collaboration de longue date entre la scène musicale montréalaise, l’Ensemble Nautilis à Brest, le festival Suoni Per Il Popolo à Montréal et Plages Magnétiques (Penn Ar Jazz) à Brest.

Créé à Brest en Mars 2019 puis à Montréal en Juin 2019. En tournée au Canada en Novembre/ Décembre 2019 et en Europe en 2020.

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Fred B.Briet : élève de JF Jenny Clark, side man dans Magma et compagnon de route de Benoit Delbecq, Guillaume Orti et tant d’autres. Il a joué avec Steve Coleman, Hamid Drake …

Christophe Rocher : créateur de l’Ensemble Nautilis, compagnon de route d’Edward Perraud, Rob Mazurek ou Olivier Benoit, il a créé de nombreux groupe avec les meilleurs musiciens européens et américains depuis 25 ans.

Jason Sharp : musicien phare du label Constellation, compagnon de route de Ken Vandermark, Peter Brötzman et Matana Roberts

Susanna Hood :  artiste interdisciplinaire en danse et musique, ancienne directeur artistique de hum dansoundart, collaboratrice de John Oswald, Martin Tétreault, Nilan Perera, et Scott Thomson dont les groupes “The Rent” (dédié au chansons de Steve Lacy) et “The Disguises”.


Les représentations de No Silenz au Canada en 2019 bénéficient
du soutien financier de Spectacle Vivant en Bretagne

ainsi que le soutien du Bureau Export.

Retour en images sur ARCH « Montréal Maintenant »

Retours en images sur le temps fort « Montréal Maintenant » : en avril 2018, les artistes montréalais Jason Sharp, Geneviève Gauthier et Susanna Hood sont venus à Brest, à la rencontre de Christophe Rocher, Frédéric B.Briet et Nicolas Pointard dans le cadre du dispositif ARCH, afin de confronter
leurs approches et leurs langages.

Une résidence informelle et les concerts se sont égrainés durant toute la
semaine du 9 avril, autour du quartier de St Martin.

Sylvain Bouttet, réalisateur et documentariste, les a suivis durant ces quelques jours.

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La suite de l’aventure continue de s’écrire au-travers de nouveaux allers-retours Brest-Montréal :

le groupe No Silenz, avec Jason Sharp, Julie Houle, Christophe Rocher et Frédéric B.Briet, devrait voir le jour en juin prochain.
Bientôt plus d’infos !

L’ARCH est un dispositif d’échanges internationaux mis en place par l’Ensemble Nautilis et Plages Magnétiques.

Montréal Maintenant / ARCH 2018 – Ensemble Nautilis / Plages Magnétiques from Ensemble Nautilis on Vimeo.

Cadence Libres

Cadence Libre, nouvelle émission radio de l’Ensemble Nautilis

Disposant d’une manne musicale, glanée au fil des concerts des Beaj Klub, de l’ARCH ou lors de diffusions plus classiques, l’Ensemble Nautilis s’est mis en tête de mettre à disposition ce contenu, en se concentrant sur la matière improvisée, chère à l’ensemble, afin de la rendre accessible par d’autres biais que le concert live.

Philip Hardy, président de l’association Nemo, prend le rôle de journaliste d’investigation pour recueillir les meilleurs concerts improvisés organisés et/ou joués par des membres de l’Ensemble Nautilis, interviewe artistes et spectateurs pour rendre compte de tout ce qui se joue autour de ce genre de propositions.

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Cadence libre, en partenariat avec Radio U

L’émission Cadence Libre est diffusée par les ondes de Radio U, le mardi à 22H00, toutes les deux semaines.
Plus d’infos par ici.

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Découvrez l’intégralité des émissions Cadence Libre sur le Mixcloud de l’Ensemble Nautilis :

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Note d’intention, par Philip Hardy : 

L’improvisation, déjà largement présente dans les musiques classique indienne, arabe et d’Afrique noire, la musique tzigane, le flamenco et bien sur le blues et le jazz, a pris un nouveau tournant dans les années 1950 avec la naissance du free jazz. En s’efforçant de sortir des formes codifiées, l’improvisation tend alors vers de plus en plus de « libertés ».
De ce mouvement, ainsi que de l’arrivée de nouveaux instruments nés des technologies électroniques et informatiques, va émerger un foisonnement de styles riches et innovants. L’improvisation prend une telle importance qu’elle  fait maintenant partie des disciplines  musicales proposées à tous les élèves, quel que soit le cursus choisi classique, musique actuelles, musiques traditionnelles, jazz, etc…. dans la plupart des écoles de musique et conservatoires.

« Cadence Libre », une émission sur la musique improvisée, mais aussi sur les nouvelles formes de jazz, la musique contemporaine et plus largement tous les types de musiques atypiques vous emmène en voyage au travers des différentes manifestations, concerts, happenings proposés à Brest et dans sa région.
Notre but, notre envie, est de vous faire découvrir et partager avec vous des moments de créations éphémères et uniques, qu’ils soient l’oeuvre de musiciens professionnels ou d’amateurs. Nous nous intéresserons notamment à des créations d’étudiants au clous de l’UBO ou à des celles des élèves du conservatoire au Beaj Kafé. Nous suivront de près les avants premières de l’ensemble Nautilis et des musiciens de cet ensemble.

Dans la mesure du possible nous ferons partager des extraits de master classes des ateliers d’improvisation de l’ENM de Brest.
Pour des raisons techniques, la plupart des émissions sont retransmises en différé. Si nous en avons la possibilité nous proposerons des retransmissions en direct de concerts et de prestations en studio.

Nous annoncerons concerts et sorties de disques avec présentations des musiciens et extraits musicaux. Notre motivation est de partager et faire connaitre à un plus grand nombre les musiques qui sortent des sentiers battus. Cette émission veut être une fenêtre ouverte sur un domaine musical très peu couvert par les médias actuels. Elle trouvera son auditoire parmi les personnes de plus en plus nombreuses à rechercher des expériences culturelles nouvelles et originales.

« Cadence Libre » une émission qui lave les oreilles !

Nautilis à Montréal

ARCH MONTRÉAL / BREST

Initiée l’année dernière, l’ARCH Montréal / Brest continue. Les musiciens de l’Ensemble Nautilis, Christophe Rocher, Frédéric B.Briet et Nicolas Pointard et l’administrateur de l’ensemble Paul Geffrelot, ainsi que les compères de Plages Magnétiques, le programmateur Frédéric Roy et la directrice Janick Tilly se sont rendus à Montréal pour rencontrer les partenaires de l’ARCH : Peter Burton, directeur et programmateur du festival Suoni Per Il Popolo, et les musiciens Jason Sharp et Julie Houle qui prendront part à la création d’un groupe transatlantique, « No Silenz ».

 

Mercredi 21 novembre : Départ pour Montréal.

Jeudi 22 novembre : Arrivée dans le grand froid (-15°)

La semaine se déclinera entre rencontres professionnelles, concerts, et répétition de ce qui sera la prochaine émanation de l’ARCH, le groupe No Silenz.

Première rencontre pro avec Eric Lewis :

Chercheur en philosophie, art et improvisation à l’université Mc Gill, Eric Lewis voyage beaucoup pour partager ses projets autour de la connexion entre musique, urbanisme, partage, société. Il a notamment contribué au développement du logiciel MyCityMySounds sur smartphone qui permet à quiconque de déposer ou écouter des captures sonores en fonction des lieux grâce une carte GPS. Cela donne des cartes interactives sur lesquelles il possible de trouver des traces sonores du passage des contributeurs. Cette application est exploitable par quiconque, germe l’idée d’une version brestoise à mettre en place à l’occasion de l’Atlantique Jazz Festival.

Puis concerts de Pierre-Yves Martel et de l’ensemble Supermusique.

Vendredi 23 novembre :

Rencontre avec Peter Burton pour parler des prochaines étapes de l’ARCH et leur mise en place.
La construction du projet prend forme et Peter fait part d’un enthousiasme renouvelé et contagieux.

Se profilent : une résidence à Brest puis à Montréal de No Silenz. Des concerts dans des festivals des deux cotés de l’atlantique. Pour la suite, horizon 2020, est évoqué plusieurs pistes artistiques, il était question d’imaginer une création autour d’Antony Braxton, finalement ça ne se fera pas. Reste à imaginer autre chose.

Samedi 24 novembre :
Il fait plus chaud, seulement 0° degrès, parfait pour découvrir la ville mais le programme sera en réalité studieux puisque c’est sur cette journée sur le groupe No Silenz se retrouve pour la première fois, pour jouer et déterminer la direction que doit prendre ce projet.

Paul Geffrelot, spectateur pour l’occasion en dira ceci :

 » Il en ressort quelque chose de massif qui se déploie assez lentement comme une mécanique vieillissante pleine de frottements, de décalages et d’inertie. Cela créé une atmosphère assez forte, plutôt inquiétante, angoissante. Une angoisse un peu loufoque que vient renforcer la danse de ces quatre instruments biscornus tout en tuyauteries et courbures. Le nom No Silenz me paraît convenir tant cette mécanique enveloppe l’auditeur dans une matière dense et grouillante qui laisse peu de place au silence. « 

Dimanche 25 novembre :

Les brestois sont accueillis dans l’émission de radio de Jacques Pradel, sur Cinq fm.102.3, émission sur les musiques créatives. Une rencontre se fait également avec Marc Chenard, journaliste pour la Scéna Musicale, magazine spécialisé.

Lundi 27 novembre :

Journée de travail avec d’autres musiciens locaux, tel que Yves Charuest. Saxophoniste important ici, à Montréal depuis les années 80, il a croisé la route de Peter Kowald au milieu des années 80 et a joué avec Kowald durant de nombreuses années, il a remplacé notamment le grand Jimmy Lyons lorsque celui-ci est tombé malade. Peu connu, finalement, Yves a contribué a faire des passerelles entre les deux continents depuis cette époque.

L’après-midi est consacrée à la répétition pour préparer le concert du lendemain avec le trio Carol accompagné de Geneviève Gauthier, saxophoniste rencontrée quelques mois auparavant à Brest, toujours dans le cadre de l’ARCH.  Le concert se déroulera à La Casa Del Popolo, un endroit mythique de la diffusion de la musique à Montréal. Quatre salles dans la même rue, 150 concerts produits par la Casa par an, 700 concerts en tout en comptabilisant les soirées de mise à disposition de la salle, c’est réellement incroyable.

Après cette semaine fort dense en montage de projets, en musique et en rencontres, il est temps pour les brestois de reprendre l’avion direction la Bretagne et d’envisager la suite du programme pour l’étape de juin.

La suite au prochain épisode.

 

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Ces échanges bénéficient du soutien de Spectacle Vivant en Bretagne, de la Sacem et de l’Institut Français

Retours sur la tournée aux États-Unis du trio Carol

Après la tournée du trio Carol aux États-Unis, Christophe Rocher revient sur cette aventure outre-atlantique qui va bien au-delà de simples concerts à l’étranger, et qui se transforme pour devenir aussi une odyssée européenne parsemée de rencontres artistiques et humaines exceptionnelles…

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La tournée américaine du trio CAROL a bénéficié du soutien financier de Spectacle vivant en Bretagne, de la Sacem, de la ville de Brest, de l’Institut Français, de la Région Bretagne, de la Spedidam.

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Interview par Erwan Bargain pour Bretagne Actuelle.

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Fondateur de l’Ensemble Nautilis, basé dans le Finistère, le clarinettiste Christophe Rocher revient d’une tournée aux Etats-Unis. Avec ses acolytes, le contrebassiste Frédéric B. Briet et le batteur Nicolas Pointard, ils ont ainsi joué à la Nouvelle-Orléans, à Denver, Iowa City et Minneapolis. Retour sur cette belle aventure humaine, réalisée dans le cadre du projet ARCH, dédié aux échanges artistiques entre musiciens bretons et internationaux.

 

D’où est né le désir de lancer ARCH ?
Je suis un laborieux, j’ai besoin de temps pour trouver la musique, et aussi les bonnes personnes, Alors quand mon ami Alexandre Pierrepont, anthropologue du jazz d’aujourd’hui, journaliste, et penseur, m’a proposé une tournée aux USA, où je jouerais avec nombre de musiciens américains tous plus connus et magnifiques les uns que les autres. J’ai réfléchi quelques secondes et, à sa grande surprise, j’ai refusé pour lui proposer l’instant suivant, un autre type d’aventure, plus durable et plus en cohérence avec ce que je suis : un voyage pour jouer avec tous ces musiciens, certes, mais un voyage qui serait un voyage d’exploration, un voyage initiatique, en vue de créer des relations plus durables, car je n’aime pas les « one shots ». Nous sommes donc partis pour 3 semaines en mars 2012, à New York, puis Chicago, Alexandre Pierrepont, Frédéric B. Briet (contrebassiste) et moi. Nous avons joué lors de sessions, de rencontres et de concerts, 2 à 3 fois par jour parfois.  Nous avons rencontré des artistes auprès desquels nous avons expliqué notre désir de faire de la Bretagne un point d’ancrage de rencontres et de créations entre musiciens américains (en particulier de Chicago) et bretons. Au retour, notre choix était clair, ces contacts humains et artistiques devaient profiter à tous dans Nautilis, ici, en Bretagne. Nous avons donc imaginé ce dispositif ARCH dont le but est de favoriser les rencontres, les créations et la diffusion de la musique créée de part et d’autre de l’Atlantique, en provoquant des concerts mêlant Bretons et Américains.

Que retiens-tu des quatre premières années du projet et des échanges avec la scène de Chicago ?
Evidemment, il me faudrait quelques heures et quelques centaines de pages pour répondre à cette question. Mais en un mot : l’humanité. Nous avons fini ce premier volet de quatre ans en créant un grand orchestre le Third Coast Orchestra, qui a joué au Quartz et à Paris, à la Dynamo de Banlieue Bleue. Nous l’avons appelé ainsi, sur le constat finalement que nos deux communautés, bretonnes comme chicagoannes étaient très concernées par les côtes, les rivages, les bordures, Chicago étant au bord de l’immense lac Michigan, qui est appelé la troisième côte des Etats-Unis. Ces côtes sont des invitations aux voyages, à la navigation, mais aussi à l’accueil des navigateurs des autres contrées, c’est un état d’esprit commun que nous portons en nous à travers la musique, mais aussi dans nos vies. Voyager mais aussi, accueillir les gens qui arrivent par la mer notamment, les étrangers, les autres, nous a semblé être une question importante et intemporelle, comprend qui veut ou comprend qui peut ! Chicago est aussi la ville des Etats-Unis la plus ségréguée, les afro-américains vivent pour la plupart au sud de la ville, les blancs au nord. Les musiciens n’échappent pas à ce mur physique, pourtant ils jouent ensemble régulièrement, militent pour la plupart, encore aujourd’hui, contre cette ségrégation. Rob Mazurek, à qui nous avons confié la direction de ce grand orchestre, est le symbole de cette humanité, avec cet ensemble qui mêle hommes et femmes de Bretagne et de Chicago, blanc et noirs, venant du jazz, du rock, de la musique traditionnelle, tous improvisateurs. Quelques minutes avant de monter sur scène, le jour de la première, Rob m’a glissé à l’oreille : « tu sais, Christophe, mon rôle, ce n’est pas que les musiciens jouent bien ma musique, c’est qu’ils jouent la leur, qu’ils soient heureux ensemble, et qu’ils partagent de l’amour ».

Le rapport à la musique est-il différent des deux côtés de l’Atlantique et si oui, pourquoi ?
Oui, en France, nous éprouvons le besoin de mettre des étiquettes avant même d’entendre la musique. Nous, musiciens français, parlons beaucoup de la musique avant de la jouer, les américains parlent très peu de la musique qu’ils jouent, ils se contentent de la jouer. Et si un musicien, en France, joue du jazz, alors, nous, Français, avons parfois du mal à comprendre que le lendemain, il parte en tournée avec un groupe de rock très commercial, ou de musique expérimentale radicale, et pourtant, c’est exactement ce que font la plupart des musiciens que nous rencontrons sur le continent américain, c’est une attitude d’ouverture qui me plait beaucoup, une attitude vitale même. Par exemple parmi les musiciens avec lesquels nous avons joué : Matt Bauder joue dans Arcade Fire, Jeff Parker dans Tortoise et à Montréal, nous avons rencontré les musiciens de Godspeed You Black Emperor, notamment Thierry Amar et surtout Mauro Pezzente qui gère le Suoni Per El Popolo, festival de musique expérimental, un festival qui balaye très large, de la musique contemporaine au Punk en passant par le Freejazz et la danse contemporaine. Par ailleurs, ici, nous avons encore la chance de vivre avec un système social que les gouvernements successifs tentent de désosser mais qui permet encore aujourd’hui aux écoles, aux conservatoires, aux scènes, aux festivals de faire circuler les artistes auprès des populations. Cela est très différent aux USA, la musique se loge dans d’autres endroits, par les bonnes volontés, les festivals… Il faut savoir que nos amis américains nous envient profondément ce système social, ils nous le disent souvent : « résistez, la France est un modèle ! ». Et ce, d’autant plus aujourd’hui avec le gouvernement Trump. Souvent, ceux qui gagnent de l’argent en font profiter les autres pour pallier au manque de solidarité du modèle américain (santé, éducation …). Par exemple Mike Reed, batteur de Chicago, dirige un des plus grands festivals de rock et de pop des USA, le Pitchfork Music Festival. Il a ouvert le Constellation, un des plus beaux clubs de jazz contemporain et de musiques créatives de Chicago, notamment grâce à l’activité du Pitchfork. C’est un peu comme si les Vieilles Charrues finançaient Penn ar Jazz, et ici, c’est difficile à imaginer !

Comment s’est déroulée votre dernière tournée aux USA ?
Nous sommes passés par les villes de La Nouvelle Orleans, Denver (qui est jumelée avec Brest), Iowa-City et Minneapolis. Nous travaillons déjà à la tournée 2019 car les contacts que nous avions dans certaines villes n’ont pas pu se concrétiser cette année (Seattle, Houston, Los Angeles et Detroit en particulier). Nous avons débuté la tournée avec la formation Bonadventure Pencrof, créée en 2013, puis terminé avec le Trio Carol qui accueillait chaque soir un nouvel invité dans la ville où il jouait. Pour finir, mes camarades sont rentrés en Bretagne. Je suis alors passé par Chicago pour avancer sur de nouveaux projets et j’ai fini mon périple par quatre jours de concerts avec Joe Fonda et Harvey Sorgen, deux musiciens new-yorkais qui m’invitent depuis quelques années régulièrement.

Pourquoi vouloir développer désormais le projet en direction du Canada et de l’Italie ? Et pourquoi avoir choisi ces pays ?
Ces échanges ARCH, nous ne pourrions les réaliser si, à Brest, l’Ensemble Nautilis que j’ai la chance d’animer ne travaillait pas main dans la main avec Penn ar jazz, qui programme l’Atlantique Jazz Festival et qui fait un travail de terrain et de diffusion incomparable toute l’année pour les musiques créatives en générale. Nous avons donc réalisé un cycle durant 4 années avec Chicago, un cycle dont nous avions programmé l’obsolescence intentionnellement et qui a généré des relations, aujourd’hui, durables avec les Etats-Unis. Il ne reste plus qu’à reproduire cette démarche avec d’autres endroits du monde en tirant les leçons de cette première expérience. Un des constats a été que la réciprocité n’a pas été très grande avec Chicago.  Nous, les Français, avons beaucoup mené la barque, fait les choix artistiques, décidé des musiciens que nous souhaitions inviter etc. La France est un pays qui, à tous les niveaux de son institution (Etat, Région, Département, Ville) se pose la question de la présence de la culture et donc ces aventures ne pourraient voir le jour sans l’intervention de fonds publiques. Aux Etats-Unis, l’institution est totalement absente, en tout cas dans les domaines artistiques qui nous occupent. C’est effrayant, alors que les musiques afro-américaines, le jazz, le blues, le rock font partie intégrante de l’ADN culturel de tous les Américains, les représentants du peuple américain (gouvernement, états, villes) n’apportent aucun soutien tangible à la création et aux musiciens qui vivent dans un cadre économique lamentable ou sous la pression de la réussite économique. Seuls ceux qui ont un soutien privé ou qui jouent régulièrement à l’étranger s’en sortent. Autant dire que nous n’avons pas trouvé de réciprocité économique dans ces échanges, nous les avons malgré tout réalisés en trouvant notamment quelques fonds privés.

Nous avons donc aujourd’hui l’envie de trouver des modèles d’échanges où la question de la réciprocité (dans les choix artistiques et dans le partage des poids économiques) se pose. Je ne parle pas nécessairement d’équilibre ou d’égalité mais l’intention et le partage sont importants pour nous. Nous avons donc commencé l’an dernier un travail avec la ville de Montréal, en considérant que 4 entités devaient être autour de la table cette fois : le festival Suoni per el popolo à Montréal, un certain nombre de musiciens québécois, Penn ar Jazz et l’Ensemble Nautilis. Nous construisons les choses de façon plus réciproque et cela nous semble plus riche. Pour ce qui est des pays d’Europe, c’est un peu différent, j’aimerais initier avec quelques partenaires, une sorte de réseau de circulation des artistes, qui serait en symbiose avec nos modes de fonctionnement et de création (du local au local). Par exemple, j’ai rencontré, dans les montagnes au Nord de Brescia près de Milan, un collectif de musiciens qui gère un lieu qui se nomme l’Alberodonte, ils y jouent régulièrement, invitent nombre de musiciens à travailler avec eux et notamment certains de Chicago. Gabrielle Mitelli, l’un des piliers, est trompettiste, activiste, mais aussi vigneron et pas n’importe quel vigneron. Nous sommes en train de préparer un événement en Centre Bretagne autour d’échanges avec ces nouveaux amis italiens, sur la notion de musique et de terre, terroir, territoire, avec les Musiques Têtues à Rostrenen, l’école de musique de Rostrenen, le conservatoire de Brest et l’école de musique de Carhaix. Cela n’est encore qu’un projet. Gabrielle de son côté souhaite inviter l’Ensemble Nautilis. L’idée serait de trouver plusieurs points d’ancrage de ce type en Europe pour créer un réseau de circulation artistique qui corresponde à nos pensées par rapport à la musique telle que nous souhaitons la fabriquer et la vivre.

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